En bref
- Les incendies maritimes causent en moyenne 2,3 millions d’euros de dommages par sinistré navire
- Le protocole sécurité incendie maritime repose sur les règlements SOLAS et le Code ISM
- L’investigation post-incendie en milieu maritime exigé des compétences spécifiques (sel, corrosion, accès)
- Un expert maritime certifié identifié les causes et optimise l’indemnisation auprès des assureurs
En 2024, les incendies à bord de navires ont représenté 18 % des sinistres maritimes majeurs déclarés auprès des assureurs. Le milieu maritime présente des contraintes uniques : espace confiné, présence de carburants et de circuits électriques complexes, difficulté d’évacuation, accès limité des secours.
Le protocole sécurité incendie maritime intègre la prévention, la détection, la lutte active et l’investigation post-sinistré. Chaque composante obéit à des normes internationales strictes dont la mise en oeuvre conditionne la sécurité des équipages et la validité de la couverture assurantielle.
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Quels sont les risques spécifiques d’incendie en milieu maritime ?
L’environnement maritime concentre plusieurs facteurs aggravants qui rendent les incendies particulièrement dangereux et destructeurs. La nature même du navire — structure métallique conductrice de chaleur, espaces confinés, ventilation forcée — favorise la propagation rapide du feu.
Les causes fréquentes d’incendie à bord
Les défaillances électriques arrivent en tête des causes identifiées, représentant 35 % des incendies maritimes, et le risque est encore plus élevé pour les bateaux amarrés au port branchés au courant de quai. L’humidité saline accélère la corrosion des circuits, créant des points chauds et des courts-circuits. Les investigations sur les incendies de bateaux révèlent régulièrement des installations électriques non conformes ou vieillissantes.
Les fuites de carburant et de gaz constituent la deuxième cause principale. Les moteurs diesel, les réservoirs GPL et les circuits hydrauliques créent un environnement où la moindre fuite peut provoquer une inflammation rapide. L’accumulation de vapeurs inflammables dans les fonds de cale aggrave considérablement le risque.
La propagation en milieu confiné
Contrairement à un bâtiment terrestre, un navire offre peu de possibilités d’isolement du feu. Les cloisons métalliques conduisent la chaleur, les systèmes de ventilation peuvent alimenter le foyer en oxygène, et les matériaux composites utilisés dans la construction navale moderne dégagent des fumées toxiques intenses.
L’expertise maritime prend en compte ces spécificités pour analyser la chronologie de la propagation et identifier les manquements aux protocoles de sécurité.
Que prévoit la réglementation SOLAS en matière de sécurité incendie ?

La convention SOLAS (Safety of Life at Sea) constitue le cadre réglementaire international pour la sécurité des navires. Son chapitre II-2 traite spécifiquement de la protection contre l’incendie et s’applique à tous les navires de commerce et de passagers.
Les exigences structurelles
SOLAS impose la division du navire en zones verticales principales séparées par des cloisons de classe A (résistance au feu de 60 minutes). Les espaces machines doivent disposer de systèmes fixes d’extinction (CO2, mousse, water mist) et les espaces à passagers de sprinklers automatiques.
Pour les navires de plaisance, les règles sont moins strictes mais les assureurs exigent de plus en plus la conformité aux recommandations ISO 9094 (protection incendie sur les bateaux de plaisance). L’expertise de bateaux de plaisance vérifie systématiquement cette conformité.
Le Code ISM et la gestion de la sécurité
Le Code International de Gestion de la Sécurité (ISM) oblige les armateurs à maintenir un système de gestion de la sécurité documenté, incluant des procédures d’urgence incendie, des exercices réguliers et un suivi des non-conformités.
Le non-respect du Code ISM peut entraîner le retrait du certificat de gestion de la sécurité et, en cas de sinistré, servir d’argument à l’assureur pour refuser ou réduire l’indemnisation.
Comment mettre en place un protocole de prévention efficace ?
Un protocole de prévention incendie maritime efficace repose sur trois piliers : la maintenance préventive, la formation des équipages et les équipements de détection.
Maintenance préventive ciblée
L’inspection mensuelle des circuits électriques, des connexions et des boîtiers de jonction permet d’identifier les signes précurseurs (traces de chauffe, corrosion, isolation dégradée). Les mesures de sauvegarde incluent également la vérification des extincteurs, des détecteurs et des systèmes fixes d’extinction.
Le nettoyage régulier des fonds de cale et des espaces machines élimine les accumulations de graisse, d’huile et de débris qui constituent autant de combustibles potentiels. Un navire propre est un navire plus sûr.
Formation des équipages
La convention STCW impose une formation de base en lutte contre l’incendie pour tout marin. Au-delà de cette obligation légale, les armateurs rigoureux organisent des exercices mensuels simulant différents scénarios : feu en salle machines, incendie de cargaison, feu en cuisine.
La formation spécialisée en investigation incendie permet aux officiers d’identifier les causes probables dès les premières minutes et de préserver les preuves pour l’enquête ultérieure.
Comment se déroule une investigation incendie maritime ?

L’investigation d’un incendie maritime combine les méthodes classiques de l’investigation incendie (NFPA 921) avec les contraintes spécifiques du milieu naval. Les difficultés sont encore accrues lorsque le sinistre survient au mouillage, loin des infrastructures portuaires. L’accès au site, la préservation des preuves et l’analyse des équipements embarqués suivent un protocole adapté.
L’accès et la sécurisation du site
Après un incendie à bord, la structure du navire peut être fragilisée. L’expert doit évaluer la stabilité avant toute intervention. Les risques résiduels (gaz toxiques, amiante libéré, structures instables) imposent des équipements de protection individuelle spécifiques.
L’investigation incendie sur navire commence par un relevé photographique exhaustif de l’extérieur et de l’intérieur, avant toute manipulation des débris. Ce relevé constitue la base documentaire du rapport d’expertise.
L’analyse des équipements embarqués
Les boîtes noires (VDR — Voyage Data Recorder), les enregistrements des systèmes d’alarme incendie et les journaux de bord fournissent des données chronologiques précieuses. L’expert croise ces informations avec les traces physiques pour reconstituer la séquence des événements.
L’analyse des résidus de combustion en laboratoire permet d’identifier la présence éventuelle d’accélérants (essence, solvants) et de confirmer ou infirmer l’hypothèse d’un incendie volontaire.
Quel rôle joue l’expert dans l’indemnisation maritime ?

L’indemnisation d’un sinistré incendie maritime implique des montants considérables et des cadres juridiques spécifiques. L’expert maritime intervient à plusieurs niveaux pour défendre les intérêts de l’armateur ou du propriétaire.
L’évaluation technique des dommages
L’expert chiffre les dommages directs (réparation ou remplacement de la structure, des équipements, des systèmes de propulsion) et les dommages indirects (perte d’exploitation, frais de remorquage, mise en cale sèche, dépollution). Notre retour d’expérience sur l’incendie d’un yacht détaille concrètement ce processus d’évaluation.
La contre-expertise est particulièrement déterminante en maritime, où les assureurs tentent souvent de qualifier le sinistré en « fortune de mer » pour limiter leur engagement. Un expert indépendant documente précisément les causes techniques pour contrer cette stratégie.
Les spécificités de l’assurance maritime
L’assurance maritime fonctionne différemment de l’assurance terrestre. Les polices corps (coque et machines) et les polices facultés (cargaison) obéissent à des règles propres, souvent régies par les Institute Cargo Clauses ou les Institute Time Clauses.
Pour un accompagnement complet en expertise maritime après incendie, Fire Forensic mobilise des compétences croisées en investigation incendie et en droit maritime.
Quelles solutions techniques pour protéger un navire ?

Les équipements de protection incendie maritime évoluent avec les technologies. Les solutions modernes combinent détection précoce, suppression automatique et matériaux ignifuges.
Systèmes de détection avancés
Les détecteurs multi-capteurs (fumée + chaleur + flamme) réduisent les fausses alertes tout en garantissant une détection rapide. Les systèmes par aspiration (VESDA) analysent en continu l’air des espaces critiques et détectent les premières particules de combustion bien avant qu’un détecteur classique ne se déclenche.
Solutions d’extinction adaptées
Le water mist (brouillard d’eau haute pression) remplace progressivement le CO2 dans les espaces machines. Il éteint le feu, refroidit la structure et dilue les fumées sans risque d’asphyxie pour l’équipage. Les équipements et solutions de protection doivent être dimensionnés en fonction du volume et du type de navire.
Pour les espaces cargaison, les systèmes à mousse haut foisonnement restent la référence. Ils inondent rapidement le volume et étouffent le feu par privation d’oxygène.
Expertise maritime spécialisée incendie
Fire Forensic intervient sur tous types de navires : plaisance, commerce, yachts.
Questions fréquentes sur la sécurité incendie maritime
Quels équipements incendie sont obligatoires sur un bateau de plaisance ?
La réglementation française impose au minimum des extincteurs portatifs (nombre et type selon la taille et la puissance du moteur), un seau avec cordage, et pour les navires à cabine, un détecteur de fumée. Les navires avec cuisine au gaz doivent disposer d’une vanne de coupure accessible et d’un détecteur de gaz.
L’assurance couvre-t-elle un incendie causé par un défaut d’entretien ?
La plupart des polices maritimes excluent les sinistres résultant d’un vice propre ou d’un défaut d’entretien caractérisé. Cependant, la charge de la preuve incombe à l’assureur. Un expert indépendant peut démontrer que le défaut n’était pas décelable lors des inspections régulières.
Quel est le délai pour déclarer un sinistré incendie maritime ?
Le délai légal est de 5 jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistré (article L172-22 du Code des assurances, spécifique aux assurances maritimes). Ce délai est plus court que les 10 jours prévus en assurance terrestre. En pratique, déclarez le sinistré dans les 24 heures.
Un incendie en cale sèche est-il couvert par l’assurance maritime ?
Oui, les polices corps couvrent généralement les risques en cale sèche et pendant les opérations de carénage, à condition que le chantier naval soit déclaré à l’assureur. Les travaux par points chauds (soudure, meulage) sont une cause fréquente d’incendie en chantier et doivent faire l’objet d’un permis feu.
Comment choisir un expert maritime spécialisé en incendie ?
Vérifiez les certifications (CFEI, FIT), l’expérience en investigation maritime (nombre de dossiers traités), et l’indépendance vis-à-vis des compagnies d’assurance. Un expert qui cumule une formation en investigation incendie et une connaissance du milieu maritime offre la meilleure défense de vos intérêts.
Étapes du protocole sécurité incendie maritime
- 1. Inspection électrique complète tous les 12 mois
- 2. Vérification des circuits carburant et gaz tous les 6 mois
- 3. Test des systèmes de détection et d’extinction trimestriel
- 4. Exercice incendie avec l’équipage mensuel
- 5. Mise à jour du plan de sécurité incendie annuel
- 6. Audit externe par un organisme agréé tous les 2 ans
- 7. Rapport à l’assureur de toute modification des installations